Après quelques rappels historiques remontant aux siècles précédents, ce cours prend pour point de départ la fascination pour le crime qui émerge au xixe siècle (c’est en 1800 qu’est créée la Préfecture de police et en 1810 qu’apparaît le Code pénal) afin d’étudier la manière dont cette fascination a contribué à l’émergence d’une culture de masse, dont on retrouve les traces dans la presse et les feuilletons médiatiques de l’époque, la littérature, puis plus tard la chanson, le cinéma, le « polar », etc. Ce phénomène se vérifie encore à l’heure actuelle, comme en témoignent le succès d’émissions radio (« L’Heure du crime », de Jacques Pradel), de podcasts, de séries de type « contre-enquête », ou l’intérêt que suscite toujours l’affaire Xavier Dupont de Ligonnès, quinze années après les faits.

Étudier les grandes affaires criminelles françaises, c’est se plonger dans une variété de documents qui tous participent, à leur manière et de façon complémentaire, à la représentation de la criminalité dans l’imaginaire populaire, comme l’a brillamment montré Dominique Kalifa dans ses travaux universitaires. Parmi ces documents, on sera amené à consulter des articles de journaux, des témoignages, des rapports d’enquêtes, des formulaires juridiques, des cartes, des photographies, des extraits littéraires, ainsi qu’à écouter des podcasts et des chansons et à visionner des documents vidéo.

Les thèmes et les domaines abordés dans ce cours comprennent l’histoire, la littérature, la psychologie, les systèmes judiciaire et carcéral français, la presse, les archives, l’écriture intime, l’écriture scientifique, le rôle des images, les documents officiels, le travail scientifique de recherche de la vérité, les notions de bien et de mal, et enfin les crimes passionnels.