De sécheresses en déluges, c’est aux déséquilibres induits dans le cycle de l’eau que se marque le plus concrètement aujourd’hui l’impact du dérèglement climatique : après en avoir facilité l’accès jusqu’à le rendre banal, l’expansion planétaire du libéralisme tendrait-elle, par ses effets collatéraux, à faire d’une eau redevenue tantôt rare, tantôt incontrôlable, l’un des enjeux vitaux de la géopolitique de demain ? Cet horizon, hier improbable, aujourd’hui un peu moins, ne rappelle pas seulement le prix de ce bien commun, mais les pouvoirs ambigus d’une ressource qu’on pensait une fois pour toutes domestiquée. Ce prix et ces pouvoirs de l’eau, les Anciens en avaient pour leur part une conscience aiguë quand, dans leur mythologie, ils faisaient de la plus modeste source un dieu ou une nymphe, et nommaient Poséidon « l’ébranleur du sol et de la terre ». Symbolismes grec, puis juif et chrétien, que l’actuelle crise environnementale invite à reconsidérer, et que la littérature et les arts de l’image ont recyclé à travers nombre d’histoires. C’est à la remémoration de ces histoires d’eaux que le cours invitera au fil d’un parcours à la fois sensible et intelligible.
Chemin faisant, nous nous demanderons en quoi et à quoi l’eau, à diverses époques, a pu donner à penser. Parallèlement, des exposés permettront d’ouvrir le dialogue aux cultures du monde : quels mythes et quelles pensées de l’eau sur les autres continents ?